La Narcolepsie

  

    En 1880, le neurologue français Jean-Baptiste Gélineau décrivit un syndrome à qui il donna son nom. En le qualifiant il aborda le terme de narcolepsie, que nous pouvons littéralement traduire par "attaques de sommeil".

  La narcolepsie est une dyssomnie due à un dysfonctionnement au niveau des neurones du cerveau ; c'est donc un trouble neurologique. Cette  maladie auto-immune  est très rare et touche seulement 15 000 personnes en France. Les premiers symptômes apparaissent en moyenne vers 20 ans comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous.



Age moyen de déclaration des premiers symptômes

    Ces crises de sommeil, ayant lieu à n'importe quel moment de la journée, sans que l'individu ne puisse se contrôler aurait une cause auto-immune : ce serait une destruction des neurones à un endroit bien précis du cerveau, l'hyppothalamus. Mais les chercheurs n'ont aucune réelle preuve de cette hypothèse. Ces crises peuvent durer jusqu'à une heure et à son réveil, la personne est confuse et n'a pas souvenir de ce qu'il s'est passé. En effet, un sujet narcoleptique mettrait 15 minutes pour passer du stade de l'endormissement au stade de sommeil paradoxal contre 1 h 30 pour un sujet normal, ce qui expliquerait l'état du narcoleptique à son réveil.


Comparaison du temps de sommeil lors de chaque stade
entre un sujet normal et narcoleptique.

Cette pathologie montre plusieurs symptômes tels que :
        - L'hypersomnie diurne, qui entraîne les crises de sommeil à n'importe quel moment de la journée ou alors des mouvements automatiques comme dire une phrase hors de contexte ou ranger machinalement les objets.
        - La cataplexie, qui entraîne une perte soudaine du tonus musculaire pouvant provoquer une chute. Ce phénomène se produit après une émotion forte en quelques secondes sans que le sujet ne puisse ne contrôler, cette crise peut durer plusieurs minutes et avoir lieu plusieurs fois dans la journée.


        - Des hallucinations à l'endormissement ou au réveil, qui se caractérisent par des bruits ou des images pouvant déstabiliser le sujet, ou même créer de grandes angoisses.
        - La paralysie du sommeil, qui entraîne une incapacité à bouger durant la phase de l'endormissement ou du réveil.

    On distingue néanmoins trois types de narcolepsie; la narcolepsie avec cataplexie, la narcolepsie sans cataplexie et la narcolepsie symptomatique (due à une maladie).
    Ces différents symptômes peuvent mettre le sujet dans des situations dangereuses, entraîner des chutes soudaines, empêcher la personne de conduire, la perturber dans son travail et donc la pousser à un isolement.

    Depuis la découverte de cette pathologie, des chercheurs essayent de trouver la cause de cette maladie. En effet, de nombreuses recherches ont montré la quantité anormale d'hypocrétine.

    L'hypocrétine (ou orexine) est un neurotransmetteur du cerveau, contenu dans le liquide céphalo rachidien, il est fabriqué dans l'hypotalamus et envoyé dans différentes régions du cerveau dont une ayant pour rôle de réguler l'éveil ou le sommeil.

Stock Illustration of orexine-A (hypocrétine-1) molécule neuropeptide, la structure chimique
Molécule d'hypocrétine-1

       Les recherches en laboratoires auraient donc prouvées la casi-inexistence de ce neurotransmetteur dans le cerveau d'un patient narcoleptique, cette disparition aurait donc été entraînée par une réaction auto-immune du corps. Cette maladie touche alors le système nerveux. De plus, ce trouble serait d'origine génétique, en effet, d'après des analyse d'ADN presque tous les narcoleptique posséderaient le gène HLA-DQB1*0602.

    Toutes ces recherches ont facilité la fabrication de remèdes et de traitements. Même si cette maladie ne peut être totalement guérie, les traitements permettent la diminution du nombre de crise d'hypersomnie ou de cataplexie.
    Des médicaments comme le modafinil, les méthylphénidates ou les méthamphétamines permettent de rester éveillé en stimulant le système nerveux.
    D'autres médicaments antidépresseurs permettent de lutter contre les crises de cataplexies et bien sûr, il est possible de lutter contre les crises d'hypersomnies en prévoyant des siestes.